L’amour est-il un art ?

Mis en avant

Résumé du chapitre 1 de l’ouvrage d’Eric Fromm, L’art d’aimer (1956)

Eric Fromm pose l’hypothèse selon laquelle l’amour est un art. Pour lui, rien n’est plus dangereux que de penser qu’il est facile d’aimer. Prendre conscience que l’amour est un art, c’est prendre conscience que l’amour passe par un apprentissage.

Il répertorie 3 erreurs fréquentes :

  • 1ère erreur : L’amour est (seulement) une sensation agréable, dont l’expérience est une affaire de hasard, ce dans quoi l’on tombe si la chance nous sourit. 
  • 2ème erreur : L’amour se rapporte à un objet et non un problème de faculté. Beaucoup pensent qu’il est simple d’aimer, mais qu’il est difficile de découvrir le « bon objet » à aimer – ou qui les aimera. Pour la plupart, le problème essentiel de l’amour est d’être aimé plutôt que d’aimer, d’être capable d’amour. Dès lors, leur problème est de savoir comment être aimé, comment être aimable.
  • 3ème erreur : Beaucoup confondent l’expérience initiale de « tomber amoureux » et l’état permanent « d’être amoureux »ou mieux encore de se tenir dans l’amour

L’attitude selon laquelle « rien n’est plus facile que d’aimer » est restée l’idée dominante sur l’amour alors que l’amour est un art, « tout comme vivre est un art ». 

Si nous voulons parvenir à maîtriser un art (n’importe lequel), nous devons satisfaire aux exigences de la maîtrise de cet art. Quelles sont ces exigences ? La maitrise de la théorie et la maitrise de la pratique bien sûr, mais outre ces deux éléments ; il y a un troisième facteur : la maitrise de cet art doit être « l’objet d’une préoccupation ultime ». 

Il importe pour Fromm de redonner à la préoccupation d’apprendre l’art d’aimer une place de premier ordre, dans une société qui concentre la presque totalité de son énergie sur les seuls succès, prestige, argent et pouvoir, au détriment de l’amour et de son apprentissage.

Toute notre culture se fonde sur un appétit d’achat, sur l’idée d’un échange mutuellement profitable. L’homme moderne trouve son bonheur à regarder avec frénésie les vitrines des magasins et à acheter tout ce que ses moyens lui permettent d’acquérir, en argent comptant ou à tempérament. Il (ou elle) regarde les gens de la même façon.

Erich Fromm, l’art d’aimer

L’amour en questions

Vous trouverez ici les questions que nous nous sommes posées sur Clubhouse et auxquelles nous avons tenté de répondre.

  • Est-ce qu’aimer, c’est reconnaître l’autre en ses propres termes ?
  • Qu’est ce que l’amour doit à l’amitié ?
  • Doit-on forcément aimer son travail ?
  • Sommes nous tous ego ?
  • Nos fantasmes nous appartiennent-ils ?
  • Que se cache-t-il derrière le terme « altérité » ?
  • A quoi l’amour s’attache ?
  • Pourquoi s’affranchir du langage (d’amour) de ses parents ?
  • Le grand amour est-il toujours inconfortable ?
  • Y’a-t-il un bon âge pour aimer ?
  • Peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ?
  • Doit-on tout dire à la personne qu’on aime ?
  • Pour quelle.s raison.s se marie-t-on ?
  • Quel sens donnez vous au mariage ?
  • Doit-on toujours prouver son amour ?
  • Pourquoi Lui/ Elle ?
  • Le désir peut-il faire bon ménage avec l’amitié ?
  • L’amitié est-elle la figure incomplète de l’amour ?

Bientôt : les réponses

Une définition collaborative de l’amour

L’amour c’est peut être rien, mais sans doute quelque chose. C’est peut être une passion qui consume ou, adossée à l’esprit amical et désirant, une formidable occasion d’être tendre, un « état d’allégresse profus qui démultiplie les puissances d’agir » (F. Wolff, Il n’y a pas d’amour parfait).

L’amour a quelques chose d’un partage, celui d’un attachement libre et synchrone. Définitivement un sentiment ; parfois sécurisant, rassurant, ou un drame quand la réciprocité de celui-ci n’est pas vraie.

L’amour est une évidence pour certains, une croyance pour d’autres et peut être tout ça à la fois. L’amour donne envie de lever les barrières, de se mettre à nu, de jouer au petit chimiste et de faire exploser son coeur dans une nuage de fumée rose, ou noire.

C’est une euphorie, celui du lâcher prise et de la perte de contrôle. L’amour a quelque chose de l’attraction gravitationnelle, celle qui mène vers le sentiment en lui-même ou vers un autre sujet, qui devient objet de son amour.

Si le sentiment et l’émotion diffèrent de l’amour en lui-même, l’amour a quelque chose du don, de soi, à l’autre.

L’amour c’est donner, c’est faire.

C’est la plus belle « action de l’âme ».